
LES CARACTÉRISTIQUES DES NOUVEAUX NÉS
Les petits furets passent le plus clair de leur temps à dormir. Quand ils ne le font pas ils pleurent ou ils mangent. Alors ce sont des bruits de succion qui remplacent les gémissements. La mère de son coté n'hésite guère à les piétiner ou à se coucher dessus. A eux de trouver le chemin des tétines !
Parfois on peut constater qu'il y en a un ou deux qui ne mangent pas et qui restent recroquevillés dans un coin pendant que les autres s'empiffrent. Il ne faut pas confondre un petit qui dort le ventre plein avec un autre qui ne mange pas. Le ventre du premier est bien rond et fait des petits plis. Le deuxième a le ventre creux, les yeux saillants et parfois on voit les côtes. Ce qui se passe bien souvent c'est que ce sont les moins vivaces qui sont éloignés des mamelles par les plus hardis. Ce ne sont pas forcément les plus petits qui se débrouillent le moins bien.
Une sorte de sélection naturelle s'opère. Il faut savoir que si on s'obstine à les nourrir il y a des chances pour que plus tard ils soient plus fragiles, moins beaux et moins vifs que ceux qui auront gagné leur place en jouant des coudes. En revanche on s'attachera sans doute plus au petit miraculé qu'on aura réussi à sauver. S'il présente des malformations, toutefois, il ne faut pas s'acharner. On remarque que la mère ne fera rien pour favoriser l'un ou l'autre ni pour répartir les ressources entre tous. Si le petit ne mange pas parce qu'il n'arrive pas à se saisir d'une mamelle on peut essayer de l'aider et lui donner le goût de téter en lui donnant une goutte de lait avec un biberon pour chaton puis en le guidant vers la mamelle, si la mère ne bouge pas trop. En règle générale ce genre de stimulation est suffisant et en un jour ou deux le petit reprendra l'habitude de téter. On peut aussi retirer, au milieu du repas un de ses frères ou sœurs en train de téter afin que la mamelle soit plus accessible parce qu'un peu étirée.
Si tout échoue et que le petit meurt, on retirera le cadavre pendant une absence de la mère. A son retour elle cherchera peut-être un peu mais aura vite d'autres soucis.
Sans qu'on puisse expliquer vraiment pourquoi, les malformations sont relativement fréquentes. On doit vérifier que tous les membres sont présents, qu'ils ne sont ni cassés, ni atrophiés, ni incomplets, qu'il n'y ait pas de grosseur ou de tache insolite sur le corps ou la tête, que les oreilles soient bien en place, que le furet soit symétrique. Il est fréquent que la queue soit cassée. Ce détail n'est pas bien grave si on veut garder le furet pour soi, mais il sera très difficile de trouver un acquéreur pour un furet à la queue tordue ou absente.
La taille à la naissance n'est pas du tout significative de la taille adulte. Il arrive très souvent que les mâles soient les plus petits. Il n'est pas rare que le mâle le plus rachitique à la naissance soit de loin le plus grand à l'âge adulte.
Les petits ont une odeur très forte et caractéristique, complètement différente de celle des adultes. La mère les nettoie soigneusement, bien que parfois il reste quelques saletés collées au derrière et sur le nez. Il ne faut pas s'en occuper. On ne peut que blesser le petit animal en essayant de le gratter. Tant qu'elle les allaitera le mère les nettoiera. La furette peut allaiter convenablement beaucoup plus de petits qu'elle n'a de mamelles. Par ailleurs, si une femelle a beaucoup de petits et une autre très peu, la deuxième peut servir de nourrice aux petits de la première.
L'alimentation d'une grosse portée peut épuiser la mère et entraîner un risque d'éclampsie. On devra au besoin la supplémenter si elle est très jeune ou si elle n'a pas été spécialement élevée depuis son enfance en vue de la reproduction, car la perte de calcium est énorme. En cas de tremblement excessif, d'épuisement ou pire, de convulsions ou de paralysies il faut d'urgence contacter le vétérinaire. On pourra difficilement sauver les petits s'ils n'ont que quelques jours. La mère elle même serait en grave danger.
Dans un élevage de type familial, si les furets sont habituellement bien soignés il y a très peu de risque de maladie. Une bonne hygiène s'impose lorsqu'on manipule les petits. Il faut surveiller que les petits furets nourris par leur mère n'aient pas la diarrhée. Cela constituerait un motif de visite immédiat chez le vétérinaire pour lutter contre la déshydratation. Quel que soit la cause de la diarrhée il faut savoir qu'elle est toujours à prendre au sérieux. Vérifier qu'il n'y ait pas d'enflement d'une partie du corps, qui pourrait signaler un hématome, une infection ou une fracture. Si l'œil est enflé on pratique une petite incision pour faire écouler le pus accumulé et on administre un collyre antibiotique. Bien évidemment, il vaut mieux confier cette tâche au vétérinaire.
Le rhume est encore la chose la plus grave qui puisse arriver. Il faut éloigner de la portée toutes les personnes et tous les furets enrhumés. Un simple rhume peut être grave si les petits ont moins de quinze jours. Il est très contagieux et ne se soigne pas.
Surtout, évitez que les petits furets prennent froid. Ils n'ont pas de pelage et ils ont du mal à conserver la chaleur.
En principe le furet est une animal assez rustique. Malgré une forte mortalité contre laquelle on ne peut rien faire, le choses se passent bien et les interventions décrites ci-dessus ne trouvent pas souvent à s'appliquer.